Ado-Livres 5, avril 2002
"Le piège est bien plus qu'une histoire entre adolescents. C'est un roman-vérité qui permet de prendre conscience des dangers du racisme et montre combien il est facile de tomber dans la spirale infernale de la violence. A travers l'influence que Benoît, Ie néo-nazi, a sur Ie jeune Lucas, Anne Provoost veut dénoncer avec force les pratiques manipulatoires que certains groupes de pression peuvent exercer sur des personnages influençables.
Et l'auteur flamande effectue Ie bon choix en donnant la voix narrative à Lucas. Ainsi, Ie lecteur peut s'identifier à lui et comprendre que lui aussi pourrait tomber dans Ie piège..."
Prête-moi ta plume, 1997
"Comment Lucas, adolescent sans histoire, peut-il tomber sous la coupe de Benoît, jeune néo-nazi, lancer des cocktails Molotov, assister paisiblement à une ratonnade et participer a des actions racistes? Un piège semble s'être refermé sur lui. Tout le roman est une lente prise de conscience du silence familial. Le grand-père vénéré n'était autre qu'un négationniste, un collaborateur. Quand Lucas s'en rend compte, il est presque trop tard. Le Piège démonte les pratiques de la manipulation, les explore avec intelligence, tout en dénonçant la rhétorique de l’extrémisme."
CRDP Bretagne, Février 1998
"Texte étonnant. Narration à la première personne, sans vulgarité ni complaisance. Les problèmes posés (nazisme, révisionnisme) concernent aussi la société française. Nombreux échos possibles pour de jeunes lecteurs qui ne sont pas rebutés par l’écriture. Original et efficace.
L’Arche juin 1997 et Magazine Littéraire juin 1997
Lucas est charmant, mais inconsistant, pas de taille à résister au charme et à la rhétorique de Benoît, qui 1'entraîne dans des actions racistes. Impossible d'en parler avec sa mère, qui oppose le silence à toute question sur le passé familial. Tout s'enchaîne, mais Lucas ne le découvrira qu'après avoir été happé par l'engrenage fatal. Ce roman haletant, qui démontre et démonte habilement les pièges du discours néonazi, négationniste et tout simplement raciste."
Livres au Trésor, 1997
"Construit à partir d’un patchwork de flash back, le récit, qui se met progressivement en marche, est impossible à lâcher avant la dernière ligne."
Tageblatt, 16 avril 1999, Luxembourg
"Le Piège décrit une situation brûlante: comment en vient-on à pouvoir jeter des cocktails Molotov, assister passivement à une ratonnade et participer à des actions racistes? Une réflexion sur les pratiques de la manipulation, qui explore et dénonce la rhétorique de l'extrémisme. Une oeuvre de salubrité publique face à la poussée xénophobe.
Arple, Juillet 2000
"Un livre dense et prenant qui aborde de nombreuses questions, le poids des non-dits, la solitude, la haine, le racisme et surtout la fragilité de l'adolescence, dont certains meneurs savent habilement jouer, suscitant à cette sensation délicieuse de se laisser porter par le courant sans rien avoir à décider."
Michèle Jacot, Paroles n. 38, Automne - Hiver 1997, La Suisse
"Essayer de démêler les fils de l'Histoire, chercher a reconstituer son histoire en enquêtant pour comprendre dans quel camp se rangent les gens que l'on côtoie, par rapport aux événements de la guerre, est une démarche difficile et parfois douloureuse: elle sera pourtant entreprise par Lucas, adolescent en vacances dans la maison de son grand-père récemment décédé. Dans un climat de suspicion, d'espionnage et en essayant de percer à jour les sous-entendus, Lucas finit par être convaincu du triste rôle de délateur que son grand-père a joué pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Avant d'arriver a cette conclusion, Lucas sera enrôlé par Benoît et son équipe qui prennent pour modèles des hommes de la trempe du fameux grand-père. Il leur paraîtra tout naturel de s'adjoindre les services de Lucas qui, pour sa part, n'a pas la moindre idée de ce qu'implique leur position raciste. Cela les poussera à des actes de violence à l'égard des Arabes rencontrés dans les rues ou à manifester contre la venue de requérants d'asile au centre du village.
Lucas comprendra vite que le racisme pousse aux bagarres violentes subies ou infligées, que fabriquer des cocktails Molotov est un bricolage, mais que les lancer pose d'autres problèmes de conscience. Il refuse de considérer que l'action supplante la réflexion et tentera de faire machine arrière quand il n'est pas sûr que les conséquences de ses actes sont bien maîtrisées. Mais les extrémistes n'aiment pas les remises en question. Alors, il se sent pris au piège.
L'histoire de Caitlin constituera l'autre mâchoire du piège qui va progressivement se refermer sur Lucas. Cette jeune juive passe également des vacances avec sa mère dans un ancien cloître voisin de la maison du grand-père de Lucas. L'adolescent éprouve beaucoup d'amitié pour elle bien que, lors des manifestations contre la venue des requérants d'asile, elle se trouve dans le camp opposé à l'équipe de Benoît. Un soir d'orage, la jeune fille est victime d'un accident de voiture. Elle dévale un talus et se trouve emprisonnée dans le véhicule qui prend feu. Lucas ne pense qu'à l'en sortir par tous les moyens. Il sectionne la ceinture de sécurité avec sa tronçonneuse mais le pied de la jeune fille est encore coincé sous une barre de fer. Dans l'impossibilité de la dégager et perdant son sang-froid, Lucas scie le pied de Caitlin. Il y aura enquête, questionnaire, son attitude sera analysée geste par geste et Benoît laissera entendre que Lucas a accompli un acte de vengeance.
Ce long roman met en place sans précipitation des éléments historiques et politiques ainsi que la découverte du monde adulte présent et passé telle que Lucas la vit dans ce petit village. Il est des vérités qu'il est dur d'accepter. Victime de sa naïveté, Lucas se trouve pris dans un engrenage qui l'empêche de maîtriser sa destinée et cela engendre tout naturellement en lui un sentiment de culpabilité qui atteint son paroxysme lors de l'accident de Caitlin.
L'auteur présente avec finesse des alternances de prises de conscience puis de doutes, des scènes anodines de la vie quotidienne et des descriptions très fortes des événements, catalyseurs du lent processus de maturation qui aidera Lucas a quitter l'enfance."